En octobre 1951, Guy Debord a dix-neuf ans, il vient de rejoindre à Paris le groupe lettriste d’Issu, mais il est déjà loin, ailleurs. Son film Hurlement en faveur de Sade, le plus radical de toute l’histoire du cinéma, se prépare, comme une guerre éclair, un point de non retour qui engage toute une vie d’aventures, de révoltes, de paris qui agitent la main du diable, de Marx, Lautréamont, et de Dante (il apprend l’italien pour le lire dans le texte).

Visions de Guy Debord, la gloire du paria
voir le sommaire In Le 1 Hebdo : « Ce que nous dit Guy Debord », texte publié sous le titre L’esthétique du détournement (voir bas de page) – août 2023.Visions de Guy Debord, la...

Yan Ciret : L’Autre Étranger (Ici et Ailleurs) – Marc Augé
Anthropologue/Ethnologue – (président de l’EHESS entre 1985 et 1995)Entretien avril 1994, publié dans la Revue du Théâtre de la Bastille n°17, 1995. Photogramme © Rachel Godefroy / Film...

Serge Daney ou le passage du témoin
Yan Ciret (Le Quotidien de Paris, 13 août 1993)Introduction, in Le Monde Hors-Série, Juin 2025...

Œuvres, Édouard Levé (P.O.L., 2002)
Yan Ciret, in Art Press, décembre 2002. Si l’ouverture à l’infini donne à une œuvre sa capacité à faire venir des visions concrètes, à leur maximum de possibles, il faut bien considérer...

Événements 99
Événements 99, Anne-James Chaton, éditions Al Dante, 2001In « art press » mai 2002 On ne peut parler d’Evénements 99 qu’en termes d’extériorité, de figures du dehors,...

Précisions sur ma poésie et moi. Dix magnifiques poèmes
Jean-Isidore IsouEd. ExilsIn art press 292...

Agnès Thurnauer : Now When Then / Journal et autres écrits
In Critique d’art 43 | Automne 2014La position cartographique, et généalogique, d’Agnès Thurnauer est l’une des plus singulières de la peinture actuelle. Lorsque l’espace et le...

Pierre Alferi, horizons mobiles
Entretien « art press », 262, novembre 2000 Politique de la fraternité, politique des affects, les pleurs d’Achille sur le corps mort de son amant Patrocle, larmes de César portant la tête...

Dernières nouvelles des mondes flottants
Kenneth White, entretien avec Yan Ciret Revue du Théâtre de la Bastille,1994, dir. Yan Ciret. Repris en volume “Le lieu et la parole” Kenneth White, éditions du Scorff (1997). Conversations...

Guy Debord, un stratège dans son siècle
Par Yan Ciret in « magazine littéraire » – juin 2001« L’aventurier est celui qui fait arriver les aventures, plus que celui à qui les aventures arrivent » (Potlatch n°7, 3 août...

Serge Daney, une expérience critique du deuil
La parution aux éditions P.O.L. de La Maison Cinéma et le monde, accompagné d’un numéro spécial Serge Daney de la revue qu’il fonda : Trafic, viennent nous donner des nouvelles rétrospectives du ciné-fils, mais aussi du critique des images du monde, de l’Histoire. Il est désormais possible de mesurer plus encore l’importance de sa « cinécriture ». Au coeur de ce montage, l’expérience, la critique et le deuil que libère la puissance des images et des mots.

Ça m’a même pas fait mal, Manuel Joseph, photographie : Jean-Luc Moulène (éditions Al Dante, 2000)
De Yan Ciret in Art Press n°274 (décembre 2001)
Partons d’une évidence, il n’y a pas de « littérature d’enfants ». Étymologiquement, l’in-fans est celui qui vient avant la forme, qui n’a pas accès à la syntaxe, ni à la maîtrise du vocabulaire. Il vient avant le langage, vivant dans les limbes sociaux.
Et si son expression n’est pas articulée autour des notions de communications verbales, il n’en a pas moins une pensée avec sa construction propre. Dans ce sens, la littérature pour enfant fait le contraire, elle élabore un discours de commentaire sur l’enfance, dénonçant en cela son caractère adulte.

Philip Roth – Le doigt sur la plaie
Parlons travail ; La Bête qui meurt ; La Contre-vie (nouvelle traduction de Josée Kamoun) Éditions Gallimard
Yan Ciret : Art press, Octobre 2004.
Depuis ses débuts, Philip Roth cogne là où ça fait mal. Si vous cherchez dans l’invention romanesque une rédemption, la moindre consolation, passez votre chemin. C’est le pire qui vous attend. Pas l’ombre d’un humanisme compassionnel, mais pas de trace non plus de ce cynisme étriqué qui fait l’ordinaire des romans à la mode. Le cynisme modernisé n’étant que l’autre nom de la haine, du kitsch dans le ressentiment. Dans l’un des dialogues que Roth mène avec Milan Kundera dans Parlons travail tout est résumé d’un trait par l’écrivain tchèque : « La vie humaine est bornée par deux abîmes : d’un côté le fanatisme, de l’autre le scepticisme absolu. ». Voilà qui nous amène au cœur du sujet Philip Roth, l’espérance et le désespoir sont les deux faces du même nihilisme, de la même pulsion de mort.

Olivier Cadiot – Retour définitif et durable de l’être aimé (éditions P.O.L.)
Interview de Yan Ciret in artpress 271 / février 2002
Yan Ciret : Votre premier livre l’Art poétic’ spatialisait l’espace à la manière d’une maquette, d’un plan d’architecture, dans la lignée de Mallarmé ou des Carnets de Valéry, donnant au livre une ouverture vers un paysage de signes, ceux-ci allaient par extension logique se concrétiser dans la musique avec Pascal Dusapin, avec Rodolphe Burger et le sample aujourd’hui ; mais ce passage par la voix, la scène avec le Colonel des zouaves, revient dans Retour définitif et durable de l’être aimé, sous forme de temporalités, de rythmes, de stanze. Est-ce qu’un art du temps (du tempo) ne s’est pas substitué à un art de l’espace ?

Montebello, Maryse Condé
Entretien de Yan Ciret avec Maryse Condé pour la revue « Identité Caraïbes »,

Valère Novarina : langue perdue, langues sauvées
Entretien Valère Novarina.
Écrivain, metteur en scène, peintre
Revue « Cahiers de Théâtre », juin 1993.
Au moment où paraissent L’Inquiétude et L’animal du temps tirés du Discours aux animaux (POL), on mesure à quel point les textes de Valère Novarina sont fondamentaux – au sens de la musique ou de la physique fondamentale. – pour la survie du théâtre par l’écriture. Parce qu’ils ont la violence baroque des grands textes hérétiques de Giordano Bruno, avec la force de ces hérésies oratoires qui portent en elles toutes les transfigurations humaines, la violence blanche et noire, sarcastique, de Rabelais à Swift, des imprécations qui invoquent la perte originelle de l’innocence, notre chute dans le temps, et l’assomption dans le verbe.

Philip Roth – Du péché originel
La Tache (éditions Gallimard)
Yan Ciret – Art press n° 284, 1 novembre 2002
Philip Roth est un ogre, l’un de ceux dont les livres dévorent la réalité jusqu’à la laisser exsangue. On croyait son talent en perte de vitesse (1) puis vint Patrimoine, retour sur soi à travers la mort du père. Suivirent ces pics que sont l’Opération Shylock et le Théâtre de Sabbath, exercices de schizophrénie délirante opérant dans la chair même de la théodicée américaine ; c’est-à-dire remuant ciel et terre pour faire rendre sa vérité à l’alliance entre la justice divine hébraïque confondue au messianisme de «l’axe du bien».

La loi ou la passion de la servitude /Entretien Philippe Sollers
Philippe Sollers, écrivain, essayiste
Yan Ciret : Dans votre préface aux romans de Jean Genet, vous déchiffrez la censure comme étant devenue invisible, la loi l’ayant intégrée aux actes, aux auteurs eux-mêmes, aux individus, la loi aurait aussi intégré sa propre transgression ?

Les transfigurations de Bernard-Marie Koltès
Une pièce éblouissante comme Procès ivre, adaptée en 1971 de l’hypothèse christique dostoïevskienne, contient en elle tout ce que Koltès va développer par la suite. Et à un tel degré qu’on peut la voir comme le double noir, maléfique, de Roberto Zucco, l’ultime pièce qu’il acheva peu de temps avant sa mort, du sida, en avril 1989 à l’hôpital Laënnec.
L’autodafé de Guy Debord (II)
Une esthétique du dépassement de l’art et pensée chinoise
(Texte remanié et augmenté de la conférence donnée au colloque « Guy Debord » au Parlement des philosophes et Musée d’art moderne de Strasbourg, en février 2007)
L’apologétique du nihilisme de Guy Debord ne défend pas le néant, elle s’oppose à lui par les mêmes moyens et use de ses méthodes. Son discours, issu de la rhétorique militaire, se déploie avec une variété de stratégies, qui fait d’un repli, une attaque, et d’une offensive, sa négation. Cet infini de principes contient sa contradiction, il la serre en lui-même, faisant de l’ombre du négatif sa proie fugitive, afin que se dégage une guerre de mouvement.

Guy Debord : Les Fantômes irréguliers de l’avant-garde (Diptyque sonore)
Une émission de Yan Ciret, sur France Culture in “Surpris par la nuit” (novembre 2006).
Réalisation Pierre Willer
Les années lettristes de Guy Debord : la poésie du scandale (1/2)
Sur quelques quartiers de Paris, une avant-garde bouleverse tous les principes de l’art, et détruit avec la violence du scandale tous les éléments de la société existante. Fondé après la guerre par Isidore Isou, vite rejoint par Gabriel Pomerand, le mouvement lettriste attire à la lui la jeunesse la plus révoltée. Une bande, ou plutôt un « gang » se constitue avec des créateurs dont la sauvagerie n’a d’égal que le talent pour le « dépassement de l’art ».

Vers le Chaos-Monde – Entretien avec Édouard Glissant
Dans cet entretien, Edouard Glissant, poète, romancier, essayiste, auteur dramatique et penseur de la « créolisation » revient sur la notion de Chaos-Monde comme espace où les cultures occidentales peuvent rencontrer les cultures qui ne le sont pas…

Debord dans le temps – entretien avec Philippe Sollers
« Par laquelle oeuvre se pourra connaître la grandeur du prince dont vous parlerai, et aussi de votre entendement. »
Mémoires. Guy Debord, 1958.
En 1958, sort le premier numéro d’Internationale Situationniste, Guy Debord a 26 ans. Philippe Sollers publie son premier roman, Une curieuse solitude, il a 21 ans.
Lors d’un entretien avec Yan Ciret, l’auteur de Paradis, Studio mais aussi du film Guy Debord, une étrange guerre dans la série « Un siècle d’écrivain » (France 3) revient sur leurs parcours respectifs, mutuels, parallèles dans les avant-gardes de leur temps.
