En octobre 1951, Guy Debord a dix-neuf ans, il vient de rejoindre à Paris le groupe lettriste d’Issu, mais il est déjà loin, ailleurs. Son film Hurlement en faveur de Sade, le plus radical de toute l’histoire du cinéma, se prépare, comme une guerre éclair, un point de non retour qui engage toute une vie d’aventures, de révoltes, de paris qui agitent la main du diable, de Marx, Lautréamont, et de Dante (il apprend l’italien pour le lire dans le texte).

Visions de Guy Debord, la gloire du paria
voir le sommaire In Le 1 Hebdo : « Ce que nous dit Guy Debord », texte publié sous le titre L’esthétique du détournement (voir bas de page) – août 2023.Visions de Guy Debord, la...

Ça m’a même pas fait mal, Manuel Joseph, photographie : Jean-Luc Moulène (éditions Al Dante, 2000)
De Yan Ciret in Art Press n°274 (décembre 2001) Partons d’une évidence, il n’y a pas de « littérature d’enfants ». Étymologiquement, l’in-fans est celui qui vient...

Œuvres, Édouard Levé (P.O.L., 2002)
Yan Ciret, in Art Press, décembre 2002. Si l’ouverture à l’infini donne à une œuvre sa capacité à faire venir des visions concrètes, à leur maximum de possibles, il faut bien considérer...

Événements 99
Événements 99, Anne-James Chaton, éditions Al Dante, 2001In « art press » mai 2002 On ne peut parler d’Evénements 99 qu’en termes d’extériorité, de figures du dehors,...

Agnès Thurnauer : Now When Then / Journal et autres écrits
In Critique d’art 43 | Automne 2014La position cartographique, et généalogique, d’Agnès Thurnauer est l’une des plus singulières de la peinture actuelle. Lorsque l’espace et le...

Pierre Alferi, horizons mobiles
Entretien « art press », 262, novembre 2000 Politique de la fraternité, politique des affects, les pleurs d’Achille sur le corps mort de son amant Patrocle, larmes de César portant la tête...

Dernières nouvelles des mondes flottants
Kenneth White, entretien avec Yan Ciret Revue du Théâtre de la Bastille,1994, dir. Yan Ciret. Repris en volume “Le lieu et la parole” Kenneth White, éditions du Scorff (1997). Conversations...

Guy Debord, un stratège dans son siècle
Par Yan Ciret in « magazine littéraire » – juin 2001« L’aventurier est celui qui fait arriver les aventures, plus que celui à qui les aventures arrivent » (Potlatch n°7, 3 août...

Yan Ciret : L’Autre Étranger (Ici et Ailleurs) – Marc Augé
Anthropologue/Ethnologue – (président de l’EHESS entre 1985 et 1995)Entretien avril 1994, publié dans la Revue du Théâtre de la Bastille n°17, 1995. Photogramme © Rachel Godefroy / Film...

« La nuit perdue” (1973), film de Bernard-Marie Koltès
La Nuit perdue, unique film de Bernard-Marie Koltès, a été présenté le 16 mai 2009, dans le cadre de l’hommage rendu par le Centre Beaubourg – Bibliothèque Publique d’Information...

Serge Daney, une expérience critique du deuil
La parution aux éditions P.O.L. de La Maison Cinéma et le monde, accompagné d’un numéro spécial Serge Daney de la revue qu’il fonda : Trafic, viennent nous donner des nouvelles rétrospectives du ciné-fils, mais aussi du critique des images du monde, de l’Histoire. Il est désormais possible de mesurer plus encore l’importance de sa « cinécriture ». Au coeur de ce montage, l’expérience, la critique et le deuil que libère la puissance des images et des mots.

Decouflé Vidéodrome
On peut imaginer deux ou trois choses sur le «Barnum audiovisuel» du troisième millénaire. Concédons d’abord qu’une bonne partie de son défilé d’information, et qu’une partie de ses fictions d’actualité sont déjà «transgéniques», du réel modifié, dénaturé. Pour s’y retrouver, l’expérience ne suffit plus ; le réel lui même se passe de vérification et s’accorde à prendre le format du direct télévisuel. La nature imite l’art en somme, sauf que d’art, il n’y en a pas. Plutôt des parts de marché distribuées au milieu de leçons de morale humanitaires. Il fallait un allumé aussi doué que Philippe Decouflé pour venir tirer son épingle dans un jeu cathodique aussi verrouillé. De ce réel transfusé dans le bocal d’asepsie de l’information, le créateur de Decodex a fait une salubre «piste aux étoiles». Contre toute attente, ses micro-fictions plastiques, ses corps détourés et souples, son imaginaire où le peuple ne manque pas, sont devenus des poissons dans l’eau du bain télévisuel. L’aquarium amniotique de la lucarne ouvre son œil de loupe dès qu’apparaissent ces électrons sinon libres, du moins assez en apesanteur, assez «délirants», pour interrompre le flux continu d’images.

L’autodafé de Guy Debord (I)
Une esthétique du dépassement de l’art
Conférence de Yan Ciret, pour le colloque « Guy Debord » au Parlement des philosophes et Musée d’art moderne de Strasbourg. Février 2007

Le dos de dieu – Romeo Castellucci / Entretien
Révélation du dernier Festival d’Automne, la Societas Raffaello Sanzio met en scène l’origine et la fin du monde, à travers un théâtre où les états du corps sont confrontés à la matière, corps de l’animal et machine. Leur metteur en scène, Romeo Castellucci, produit une œuvre inclassable entre mythe et plasticité infernale. art press n° 270, (juillet-août 2001)
L’autodafé de Guy Debord (II)
Une esthétique du dépassement de l’art et pensée chinoise
(Texte remanié et augmenté de la conférence donnée au colloque « Guy Debord » au Parlement des philosophes et Musée d’art moderne de Strasbourg, en février 2007)
L’apologétique du nihilisme de Guy Debord ne défend pas le néant, elle s’oppose à lui par les mêmes moyens et use de ses méthodes. Son discours, issu de la rhétorique militaire, se déploie avec une variété de stratégies, qui fait d’un repli, une attaque, et d’une offensive, sa négation. Cet infini de principes contient sa contradiction, il la serre en lui-même, faisant de l’ombre du négatif sa proie fugitive, afin que se dégage une guerre de mouvement.

Il est de la règle de vouloir la mort de l’exception – J.L. Godard, propos recueillis
« Les pauvres sauveront le monde, malgré eux » J.L. Godard.
« La culture pour moi, c’est la règle, alors que l’art c’est l’exception. La culture c’est la diffusion, et l’art la production. J’ai toujours été parfaitement produit, mais j’ai toujours été diffusé avec condescendance pour ne pas dire avec animosité voire de la négligence. Ces phénomènes de production et de diffusion sont très importants.

L’anticoncept de G. J. Wolman – conférence de Yan Ciret
Projeté et décrypté par Yan Ciret, aux Laboratoires d’Aubervilliers, en janvier 2010, le film pré-situationniste, L’Anticoncept de Wolman fut immédiatement interdit par le comité de censure en 1952 ; sa clandestinité allait durer une trentaine d’année. L’arrêt de la préfecture, une fois levé, ne révèlera aucune raison précise quant à cette interdiction. C’est la forme, violente, radicalement anti-cinématographique, qui fut sans doute la raison du scandale. Il s’agit pourtant de l’un des films parmi les plus importants de l’histoire du cinéma. Projetés sur un ballon d’hélium, des cercles noirs et blancs, alternent à des rythmes stroboscopiques. Tandis qu’un texte essai, poème, biographique, scientifique, vient percuter la masse visuelle de stridences sonores.

Poursuite !
Rien ne paraît pouvoir enrayer la mise en lumière du réel. Le cloisonnement des disciplines s’en trouve déplacé au point que les frontières entre représentation et expérience s’avèrent sans objet. C’est dans cette perspective, selon Yan Ciret, qu’il faut envisager l’avènement de ce pinceau lumineux du théâtre, du cirque et du music-hall, qu’est la «poursuite».
Publié dans Lux, des lumières aux lumières, Gallimard, Les cahiers de médiologie n°10

Au risque de la performance – Centre Pompidou
La performance s’est imposée sur la scène artistique dans un contexte politique bien particulier celui des années 70. Elle n’a jamais disparu, mais elle a pu aux yeux de certains sembler quelque peu dévaluée. Elle est aujourd’hui, dans son extrême diversité au cœur du festival, grâce à ses capacités propres d’hybridation entre les disciplines mais aussi parce qu’elle est un vecteur privilégié de démarches singulières et critiques.

Le Futurisme – Une avant-garde explosive
Première avant-garde du XXe siècle, le Futurisme se veut un mouvement littéraire et artistique rejetant la tradition esthétique et exaltant le monde moderne, en particulier la civilisation urbaine, les machines et la vitesse. Des théories que développent dans ce reportage Didier Ottinger, Conservateur au Centre Pompidou, Jacqueline Lichtenstein, philosophe de l’art et de Yan Ciret, critique d’art.

Le Mai 68 des situationnistes et son art
Article publié dans Libération, sous le titre l’art est mort, vive la révolution, 19 avril 2008
Messianisme avant-gardiste, poésie subversive contre servitude d’une société devenue «du spectacle», les situationnistes sont les protagonistes les plus irréductibles de 68. En Mai, l’oeuvre passe à l’acte.
Rien ne fut moins occulte que la présence des situationnistes, au cœur même des évènements de Mai 68, mais inversement rien n’est moins passé sous silence que leur violente insurrection longtemps préméditée. Le silence qui les entoure, l’absence de référence à leurs pratiques, à l’influence qu’ils continuent d’exercer, est à la mesure de la radicalité de ce style révolutionnaire qu’ils furent les seuls à propager avec autant de rage méthodique.

Hurlements en faveur de Sade, Guy-Ernest Debord
« Une fois, comme j’étais tenté (et je le suis encore) de le considérer comme un philosophe, Debord m’a dit : « Je ne suis pas un philosophe, je suis un stratège.» Il a vu son temps comme une guerre incessante où sa vie entière était engagé dans une stratégie. » Giorgio Agamben, Le cinéma de Guy Debord
La phase lettriste, de celui qui a doublé son prénom, – selon la mode de ce groupe -, va s’avérer capitale pour comprendre la suite de l’art de Guy-Ernest Debord. On peut dire que tout est déjà là.