Mario Vargas Llosa - Des anges en Amérique

Mario Vargas Llosa – Des anges en Amérique

Avec ce texte de l’écrivain Mario Vargas Llosa, sur la pièce Angels in America de Tony Kushner, « Cosmos » commence la publication de textes inédits, ou rares voire non traduits. Celui-ci du...

Les communautés publiques

Les communautés publiques

« Cahiers de théâtre », N° 12, mars-avril 1994. Entretien Jean-Christophe Bailly, par Yan Ciret Suivi de  Panoramiques, Jean-Christophe Bailly, éditions Bourgois (2000), art press...

Jamaica Kincaid - au fond de la rivière

Jamaica Kincaid – au fond de la rivière

Editions de l’Olivier  Yan Ciret, article publié dans  la revue  art press n°274. La géographie d’un écrivain, celle dont il vient et celle qu’il vise, indique toujours...

Brecht au-delà du spectacle

Brecht au-delà du spectacle

Yan Ciret, article publié dans  la revue  art press n°265 L’époque ne serait pas brechtienne. Son centenaire n’aurait démontré qu’un échec de sa pensée à échapper...

il est minuit dans la littérature, Sam

il est minuit dans la littérature, Sam

Yan Ciret,article publié dans la revue art press n°274 Dans le petit livre hommage qu’il consacre à Jérôme Lindon, Jean Echenoz considère l’expérience d’écriture en elle-même et invite...

les fantômes irréguliers de l’avant-garde

les fantômes irréguliers de l’avant-garde

Yan Ciret, article paru le 1er juillet 2006 dans art press Aux Éditions Allia Jean-Marie Apostolidès et Boris Donné Ivan Chtcheglov, profil perdu  Ivan Chtcheglov Écrits retrouvés  Patrick...

De la vie nue ou le jugement sans loi

De la vie nue ou le jugement sans loi

Yan Ciret, article paru dans la revue Art press n° 280, Juin 2002 Dans Moyens sans fins, notes sur le politique et l’Ouvert, De l’homme et de l’animal (réédité pour le...

Nathalie Quintane : les déroutes du sens

Nathalie Quintane : les déroutes du sens

Yan Ciret, article publié dans la revue art press n°290 Formage,  Les Quasi-Monténégrins suivi de Deux Frères Éditions P.O.L Qui aime la chansonnette ne pourra qu’aimer Nathalie...

Eugène Savitzkaya - L’enfance nue des origines

Eugène Savitzkaya – L’enfance nue des origines

Consacré « frère en écriture » et comme un « grand écrivain » par Hervé Guibert, Eugène Savitzkaya a depuis Mentir et Mongolie plaine sale, écrit une dizaine de livres baroques, cruels...

Les écritures de Cy Twombly

Les écritures de Cy Twombly

Hanté par les inscriptions, l’empreinte à peindre ou à graffiter, le plus européen des peintres américains expose à la galerie Karsten Greve. Article in  « Le quotidien de Paris », le 11...

Eugène Savitzkaya - L’enfance nue des origines

Eugène Savitzkaya – L’enfance nue des origines

Consacré « frère en écriture » et comme un « grand écrivain » par Hervé Guibert, Eugène Savitzkaya a depuis Mentir et Mongolie plaine sale, écrit une dizaine de livres baroques, cruels et enfantins, ainsi qu’une vraie fausse biographie hypnotique d’Elvis Presley Un jeune homme trop gros. La majorité aux éditions de Minuit. Son dernier roman En vie, célébrant la vie ordinaire des simples, est doublé d’une pièce de théâtre tellurique à la manière d’une Apocalypse, cela s’appelle : La Folie originelle.

Revue N°7 du Théâtre de la Bastille septembre 1995 – avril 1996
Suivi de « Hervé Guibert – La Fabrique de fantômes/La vie fiction », Cahiers de théâtre, n° 12 (mars-avril 1994)

avril 19, 2020  |  No Comments » Lire la suite
Zingaro, une œuvre au noir (Triptyk)

Zingaro, une œuvre au noir (Triptyk)

Profondément ancrés dans les rites de passage, de régénérescence, les spectacles de Bartabas nous ont habitués à leurs cycles de métamorphoses. Entretien avec Bartabas sur Tryptik, sa dernière création.
Par Yan Ciret

Yan Ciret : Pouvez-vous nous rappeler la genèse de Triptyk, un spectacle qui est finalement bien plus qu’une adaptation équestre du Sacre du printemps ?Bartabas : La musique du Sacre du printemps m’obsède depuis sept ou huit ans, je n’arrêtais pas d’y penser en me disant qu’il faudrait pouvoir la jouer avec des chevaux. (…)
Entretien publié dans la revue « Mouvement », le 1 juillet, 2000. Adaptation de l’émission de Yan Ciret « Radio Libre », sur France Culture, juin 2000.

février 22, 2020  |  No Comments » Lire la suite
Continent créole (dans le vent d’ouest du cyclone) Entretien avec Raphaël Confiant par Yan Ciret

Continent créole (dans le vent d’ouest du cyclone) Entretien avec Raphaël Confiant par Yan Ciret

Suivi de Soulèvements (comme une pierre de lave jetée dans le jardin du maître)

Yan Ciret : En quoi l’enseignement du créole est-il une question cruciale de ce que vous avez appelé, reprenant l’expression de la sociologue guadeloupéenne Dany Bebel-Gisler,  « l’archive symbolique de notre culture »?

Raphaël Confiant : La question de l’introduction du créole à l’école est centrale en ce début du XXIe siècle. En fait, l’école apparaît paradoxalement comme la seule planche de salut d’une langue qui cesse graduellement d’être transmise de manière maternelle ou familiale. Le paradoxe c’est que longtemps l’école a combattu à la fois le créole et le créolisme (ou pénétration sauvage du créole dans le français) mais aujourd’hui nous pouvons un instrument de recréolisation. Car il ne s’agit pas simplement d’enseigner seulement la langue créole mais toute la culture créole (musique, cuisine, architecture etc.). En plus, le fait d’introduire le créole à l’école nous oblige à la transformer en langue écrite, à faire l’effort de produire des grammaires, des dictionnaires, des ouvrages techniques etc… Le fait d’introduire la culture créole nous oblige à y réfléchir, à la disséquer et à l’approfondir.

février 02, 2020  |  No Comments » Lire la suite
Généalogie des métamorphoses monstres • Entretien avec Jean-Louis Schefer par Yan Ciret

Généalogie des métamorphoses monstres • Entretien avec Jean-Louis Schefer par Yan Ciret

Esprit mobile, vif argent, même, que celui de Jean-Louis Schefer. Mais d’un calme ironique, comme détaché des attaches de « premières vues », voire de « premières mains », trop dénoué, trop délié, pour cela. Détournements théologiques des représentations, corps, matières, postures, art, peintures, sacrements, métamorphoses. Mais moins obsessionnellement « tableaux vivants » des manières érotiques et profanatrices que Pierre Klossowski et sa « monnaie vivante ». Pensée vaste, véritable lecteur et détecteur des signes, de l’art pariétal aux pères de l’église, au cinéma moderne (Ozu, Dreyer, Bresson), du Burlesque à Raul Ruiz. Probablement le plus grand analyste vivant, relié à une « variété » (pour reprendre Paul Valéry) de fils, de plans, de cadres, des traces illisibles que laissent glisser l’histoire. Clarté de ce travail de montages, des temps, des espaces, des sciences, des anomalies, des dégénérescences animales, végétales, minérales, humaines. L’envers et l’endroit, le coup droit et le revers, le double, l’énigme, la « Profanation de l’Hostie » (Paolo Uccello) et son empreinte négative, sa couleur de prédelle. On ne sait jamais sur quel J.L.S on doit faire face.

décembre 26, 2019  |  No Comments » Lire la suite
La seconde mort du corps prolétaire

La seconde mort du corps prolétaire

Entretien Stanislas Nordey avec Yan Ciret
« Entre beauté esthétique et virulence politique, Stanislas Nordey travaille au corps la représentation, montage du geste fabuleux à son envers, le chômage de masse comme civilisation. Le tout par la dérive des pôles. »
« Cahiers de théâtre n°11, décembre 1993/janvier 1994 »

Dès le départ, la définition du prolétaire s’est faite par le corps, Marx en ayant fixé le théorème, à savoir que le prolétaire est celui qui ne possède rien, sinon son corps et ce qui en est extrait : la force de travail et la progéniture. Cette équation minimale a, semble-t-il, pris une autre signification, tout aussi forte, mais plus désespérée encore.

décembre 03, 2019  |  No Comments » Lire la suite
Jean Genet, le saut de l’ange des murailles

Jean Genet, le saut de l’ange des murailles

Au bas de Montmartre, au bout d’une ruelle de terre-battue, un dôme en forme de basilique de la pauvreté, on trouvait là le « Cirque Romanès ». Près de la Place Clichy. L’exact compas entre la rue Truffaut, là-même où habitât François Truffaut (hôtel « Truffaut), qui fut l’ami de Jean Genet, avant la brutale rupture. Et le quartier du Sacré-Cœur, du Pigalle des voyous et voleurs, ou des travestis de cabarets, là où la prostitution des corps se subliment dans des âmes noircies par l’épreuve, l’échange des sexes, là où l’écrivain inscrit l’odyssée de « Divine » l’héroine queer de son « Notre-Dame des fleurs ».

Alexandre Romanès m’apparut là, pour la première fois, portable à la main, je lui parlais des relations du cinéaste et de l’écrivain. Il me dit qu’une fois, Truffaut arrivé en retard à leur rendez-vous, Jean Genet le gifla.

novembre 24, 2019  |  No Comments » Lire la suite
Entretien/ Claude Régy (4.48 psychose) Sarah Kane ou le théâtre de Caïn

Entretien/ Claude Régy (4.48 psychose) Sarah Kane ou le théâtre de Caïn

«De tout mon cœur, Je m’offris en holocauste»
Dante, Paradis Chant XIV

Zohar noir. Lors d’une rencontre avec Claude Régy et Henri Meschonnic, nous parlions de Trakl, et imaginions une interprétation chiffrée, codé, ésotérique et hermétique, à la manière de la Kabbale, de la poésie. Un nom, un titre arriva vite « Zohar noir », il ne me resta que ce passage du Journal d’Ernst Jünger : « Le monde est inhospitalier aux âmes sensibles. J’ai lu que Georg Trakl avait été bouleversé par la vue d’une tête de veau, lors d’un banquet campagnard, et qu’en le voyant sur la table il dit : « C’est Notre Seigneur Jésus-Christ » et l’embrassa. Ce qui rappelle Nietzsche sautant au cou d’un cheval, à Turin. »

novembre 20, 2019  |  No Comments » Lire la suite
Gérard Macé ou le mât muet de la baleine blanche

Gérard Macé ou le mât muet de la baleine blanche

Entretien avec Gérard Macé

Effilochages de voies, de langues, d’images, de hiéroglyphes, les livres de Gérard Macé chinent ce qu’il appelle « Colportage », un sens saisissant de la présence au monde. De l’instant décisif qui en fait aussi un photographe du proche et du lointain. Le Japon, l’Afrique, la Chine, le Cameroun ou le Mali dont je lui parle de ma remontée du fleuve Niger, à la recherche des villes impériales. Gérard Macé érudit voyageur, colporteur d’imaginaires, vivace et souple, l’une des proses les plus secrètement éblouissantes de notre temps. Un croisé des croisements, avec les lieux, les hommes, les mots et les choses. La peinture avec Pierre Alechinsky et d’autres, avec l’écrivain Pierre Michon et d’autres ; je retiens son amitié avec Jean Starobinski, dont le « Portait de l’artiste en saltimbanque » est comme un double de son livre « L’Art sans paroles ». Chiffonniers de l’art, Nerval, Baudelaire, ou déchiffreurs d’ailleurs ou d’Orient, Larbaud, Segalen.

novembre 17, 2019  |  No Comments » Lire la suite
Jan Fabre le samouraï téméraire du Louvre

Jan Fabre le samouraï téméraire du Louvre

Entretien avec Yan Ciret

Les grandes verrières du Louvre donnaient sur un monde arrêté, une lave invisible avait pétrifié les marbres blancs, comme des suaires, que nous surplombions. Jan Fabre regardait ces déesses aux yeux caves, ces faunes châtrés, ces satyres et vestales, comme une punition divine venue de son univers païen. Carquois, flèches, boucliers tavelés de têtes de Gorgones, plantaient un décors où sa parole se déroulait à la vitesse métronomique, de celui qu’il appelle : « Le guerrier de la beauté ».  Cet imperméable, qui lui fait une carapace, et que je lui ai toujours connu, avec baskets et jeans denim juraient, avec ce Pompéi de plâtre délavé. Il venait se confronter avec ses « maîtres anciens », dans les salles nordiques du Louvre. Lapins écorchés pendus par les pieds écartelés, raies luisantes, sur le vermillon rosacé des huitres et leurs goémons, pelures d’orge, on y retrouvait tout son bestiaire. Ces natures mortes attelées aux scènes de genre ou d’histoire, batailles, traités, renvoyaient à ses performances. Son théâtre cruel trouvait-là, un écrin parfait. Ses mains mobiles malaxaient ses mots, comme si, il voulait encore contraindre la matière, les corps, la scène, et faire couler le sang de la Vierge. Il me rappela, notre dernière discussion, et cette phrase : « Il ne faut pas laisser la nation aux nationalistes ». On continua cette conversation en anglais.

octobre 27, 2019  |  No Comments » Lire la suite
Michel Vinaver – L’architecte et l’ingénieur

Michel Vinaver – L’architecte et l’ingénieur

Que pourrait signifier l’existence d’un théâtre documentaire, dont l’enregistrement des événements humains serait la fonction première, particulière ? Peut-être un centre de gravité, une scène, échappant aux lois de la marchandise (c’est-à-dire à la pesanteur), où l’on pourrait conjoindre enfin nos vies et leurs récits, le mythique et le domestique – comme dans les pièces de Michel Vinaver. Mais plus sûrement un théâtre documentaire s’arrimerait fermement à la dépression actuelle, en figurerait l’oscillation dangereuse, la cote d’alerte, le rouge mis quand la guerre ou l’épidémie gagne et devient la vérité sous-jacente à tous rapports, « ici et ailleurs » comme dit Godard – comme dans les pièces de Michel Vinaver. La crise du théâtre n’est pas autre chose que la crise du monde qu’il représente.

Entretien avec Yan Ciret.

octobre 13, 2019  |  No Comments » Lire la suite
Le Maître de musique et l’esprit des chevaux, entretien avec Pierre Boulez

Le Maître de musique et l’esprit des chevaux, entretien avec Pierre Boulez

L’IRCAM ressemble à cette « maison verre » dont parlait André Breton, le centre musical fondé par Pierre Boulez, glisse comme une goélette de fer, de transparence, au-dessus des machines et sculptures de Nicky de Saint Phalle et Tinguely flottants sur l’eau gelée de la place. Un panoptique fait de travées géométriques, où des silhouettes silencieuses s’évanouissent avant d’apparaître. Le secrétaire me fait attendre dans l’une des cellules toute franciscaine d’épure. Il vient me chercher, pour me dire « Le Maitre » va vous recevoir. Pierre Boulez occupe le dernier rectangle de verre, au fond de ces longues allées de ruches toutes semblables. « Le Maitre » ne déroge pas à la règle. Il me regarde, avec cette vivacité sobre et mate, de concentration explosive. Je l’avais vu en colère, envers des acteurs, qui traversaient hâtivement le plateau, dérangeant sa fureur de conduire ses musiciens. Lors d’une répétition. Je l’avais surtout, déjà vu diriger Le Sacre du Printemps, de longues années auparavant ; je lui en parlais avec une mémoire si intacte, que je vis ses paupières rétractiles, à demi ombrées, s’élevées. L’entretien pouvait commencer.

octobre 12, 2019  |  No Comments » Lire la suite
L’Ami Colombien, par Gabriel García Márquez, entretien avec Yan Ciret

L’Ami Colombien, par Gabriel García Márquez, entretien avec Yan Ciret

De retour de New York où se joue l’adaptation théâtrale de son roman L’Automne du patriarche, G. G. M. reçoit, en tenue tennistique impeccablement blanche, dans sa ville caraïbe de Carthagène des Indes. Toute une vie d’écriture défile, tradition, métissage, littérature, enfance. En attendant un soda et une curieuse montre-bracelet rose avant de commencer par le principal : Cent ans de solitude.

octobre 10, 2019  |  No Comments » Lire la suite
Wim Wenders : Éthique du photographe

Wim Wenders : Éthique du photographe

Entretien avec Wim Wenders, cinéaste, photographe.

Voyageur anonyme dans la mise en scène politique du monde et photographe de l’espace du dedans, mis dehors, le cinéaste d’Alice dans les villes et L’Ami américain trace à la frontière de l’autoportrait, du documentaire et de la mythologie, un état moral des images. Au fil du temps.


septembre 15, 2019  |  No Comments » Lire la suite
Decouflé Vidéodrome

Decouflé Vidéodrome

On peut imaginer deux ou trois choses sur le «Barnum audiovisuel» du troisième millénaire. Concédons d’abord qu’une bonne partie de son défilé d’information, et qu’une partie de ses fictions d’actualité sont déjà «transgéniques», du réel modifié, dénaturé. Pour s’y retrouver, l’expérience ne suffit plus ; le réel lui même se passe de vérification et s’accorde à prendre le format du direct télévisuel. La nature imite l’art en somme, sauf que d’art, il n’y en a pas. Plutôt des parts de marché distribuées au milieu de leçons de morale humanitaires. Il fallait un allumé aussi doué que Philippe Decouflé pour venir tirer son épingle dans un jeu cathodique aussi verrouillé. De ce réel transfusé dans le bocal d’asepsie de l’information, le créateur de Decodex a fait une salubre «piste aux étoiles». Contre toute attente, ses micro-fictions plastiques, ses corps détourés et souples, son imaginaire où le peuple ne manque pas, sont devenus des poissons dans l’eau du bain télévisuel. L’aquarium amniotique de la lucarne ouvre son œil de loupe dès qu’apparaissent ces électrons sinon libres, du moins assez en apesanteur, assez «délirants», pour interrompre le flux continu d’images.

août 16, 2019  |  No Comments » Lire la suite