Brecht au-delà du spectacle

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il est minuit dans la littérature, Sam

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les fantômes irréguliers de l’avant-garde

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De la vie nue ou le jugement sans loi

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Nathalie Quintane : les déroutes du sens

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Eugène Savitzkaya - L’enfance nue des origines

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Les écritures de Cy Twombly

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Zingaro, une œuvre au noir (Triptyk)

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Continent créole (dans le vent d’ouest du cyclone) Entretien avec Raphaël Confiant par Yan Ciret

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Le carré noir sur fond noir de Guy Debord

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Brecht au-delà du spectacle

Brecht au-delà du spectacle

Yan Ciret, article publié dans  la revue  art press n°265

L’époque ne serait pas brechtienne. Son centenaire n’aurait démontré qu’un échec de sa pensée à échapper au marxisme réaliste socialiste. Son théâtre tour à tour nihiliste et rimbaldien, sous influence nietzschéenne, puis didactique avant d’être épique, doit être renvoyé au tribunal de l’Histoire. Le cas y est déjà jugé : aveuglement communiste, complice stalinien du régime de la RDA, écrivain organique du parti prolétarien. Une biographie à scandale lui a d’ailleurs réglé son compte : Brecht n’a rien écrit, il s’est contenté de spolier ses maîtresses ; de plus, ce triste individu se comportait avec un cynisme d’autocrate, pire, comme un fasciste en puissance. Son esprit théorique, spéculatif (même sur la Chine), ressort de l’ennui terne et gris dont parle Goethe. Seul le premier Brecht, celui de Baal ou celui de Dans la jungle des villes, reste encore épargné pour raison d’anarchisme panthéiste, de punk-attitude, de cruauté pulsionnelle.

juillet 11, 2020  |  No Comments » Lire la suite
il est minuit dans la littérature, Sam

il est minuit dans la littérature, Sam

Yan Ciret,article publié dans la revue art press n°274

Dans le petit livre hommage qu’il consacre à Jérôme Lindon, Jean Echenoz considère l’expérience d’écriture en elle-même et invite son lecteur à poursuivre une réflexion sur le sens politique de cette démarche, qu’il associe à celle de son éditeur.

 

Jean Echenoz, Jérome Lindon Éd. de Minuit
 
Un petit livre par la taille, maigre et sec comme celui à qui il est dédié, vient nous rappeler deux ou trois choses sur le métier d’écrire. Venant de Jean Echenoz et de son anti-tombeau de Jérôme Lindon, il n’y a là rien d’étonnant. La littérature étant toujours envisagée sous l’angle du géomètre, de l’ingénieur, de l’arpenteur ou de l’architecte, il ne fallait donc pas s’attendre à un quelconque larmoiement dans ce bref hommage intitulé simplement Jérôme Lindon et publié sui generis aux Éditions de Minuit. Pourtant, la brièveté induit une réflexion qui la dépasse.
 
juillet 11, 2020  |  No Comments » Lire la suite
les fantômes irréguliers de l’avant-garde

les fantômes irréguliers de l’avant-garde

Yan Ciret, article paru le 1er juillet 2006 dans art press

Aux Éditions Allia
Jean-Marie Apostolidès et Boris Donné
Ivan Chtcheglov, profil perdu 

Ivan Chtcheglov
Écrits retrouvés 

Patrick Straram
Les bouteilles se couchent

Aux Éditions Sens&Tonka
Patrick Straram
La veuve blanche et noire un peu détournée 

La disparition de l’horizon des utopies fait réapparaître des spectres que l’on croyait définitivement engloutis. Ils reviennent de ce lieu qui signifie littéralement «nulle part». Il faudrait s’interroger sur ces figures hamletiennes, elles ont été le plus souvent la part maudite des avant-gardes esthétiques et politiques. Le sujet est donc plus vaste et plus crucial qu’on pourrait le croire.

juillet 11, 2020  |  No Comments » Lire la suite
De la vie nue ou le jugement sans loi

De la vie nue ou le jugement sans loi

Yan Ciret, article paru dans la revue Art press n° 280, Juin 2002

Dans Moyens sans fins, notes sur le politique et l’Ouvert, De l’homme et de l’animal (réédité pour le premier et publié pour le second aux éditions Rivages), la philosophie de Giorgio Agamben dessine une voie où l’homme dans l’animal ne serait pas réduit à l’animalisation de l’humanité. L’accomplissement messianique de la fin de l’histoire devient là: plus urgente des interrogations : l’enjeu consiste à substituer à la fusion du zoologique et du biologique, un avènement de la vie nue des peuples autre qu’un acheminement vers leur destruction.

juin 28, 2020  |  No Comments » Lire la suite
Nathalie Quintane : les déroutes du sens

Nathalie Quintane : les déroutes du sens

Yan Ciret, article publié dans la revue art press n°290

Formage,  Les Quasi-Monténégrins suivi de Deux Frères Éditions P.O.L

Qui aime la chansonnette ne pourra qu’aimer Nathalie Quintane. Depuis quelques livres subtils, déstabilisants, cette écrivain a réussi son tour de force : rejeter la notion de style, et être arrivée à un degré x de l’infini de l’écriture. Qu’est-ce à dire ? Qu’entre ces deux extrêmes elle est parvenue à se frayer un chemin étroit, sinuant à travers la sociologie et la poésie pure. Elle a inventé un scrabble mallarméen, une sorte de grille faite de logiques verbales, de fabulations, assez serrée pour paraître vraisemblable. N’importe qui pourrait s’y perdre, mais le lecteur n’aura aucune peine à y retrouver sa place, son monde d’habitudes, son «prosaïsme» le plus profond même.

juin 20, 2020  |  No Comments » Lire la suite
Eugène Savitzkaya - L’enfance nue des origines

Eugène Savitzkaya – L’enfance nue des origines

Consacré « frère en écriture » et comme un « grand écrivain » par Hervé Guibert, Eugène Savitzkaya a depuis Mentir et Mongolie plaine sale, écrit une dizaine de livres baroques, cruels et enfantins, ainsi qu’une vraie fausse biographie hypnotique d’Elvis Presley Un jeune homme trop gros. La majorité aux éditions de Minuit. Son dernier roman En vie, célébrant la vie ordinaire des simples, est doublé d’une pièce de théâtre tellurique à la manière d’une Apocalypse, cela s’appelle : La Folie originelle.

Revue N°7 du Théâtre de la Bastille septembre 1995 – avril 1996
Suivi de « Hervé Guibert – La Fabrique de fantômes/La vie fiction », Cahiers de théâtre, n° 12 (mars-avril 1994)

avril 19, 2020  |  No Comments » Lire la suite
Les écritures de Cy Twombly

Les écritures de Cy Twombly

Hanté par les inscriptions, l’empreinte à peindre ou à graffiter, le plus européen des peintres américains expose à la galerie Karsten Greve.

Article in  « Le quotidien de Paris », le 11 septembre 1993, par Yan Ciret.

Un peintre laisse une trace, d’un moment donné de sa vie, de son expérience du monde. Picasso notait jours et heures, de chaque geste pictural. On ne le découvre qu’après-coup, quand le tableau sorti de l’atelier vient prendre sa forme définitive par le regard de l’autre (ndlr : ou le baiser profanation, d’adoration, pour Cy Twombly, cf. « Libération 11/16/2007 »(1.). C’est à partir de ce passage de seuil de l’un (celui qui peint) à l’altérité (celui qui voit) que s’effectue le travail de Cy Twombly. Un art de vespasiennes graphitées par des vers d’Hésiode, une monnaie scripturale de la transaction, du plaisir sensuel païen. Un éros qui se dessine et s’épanouit hors de la transcendance. Toute ressemblance avec les fresques pompéiennes, de tavernes, de bordel, de palais patriciens, n’est pas exclue.

février 23, 2020  |  No Comments » Lire la suite
Zingaro, une œuvre au noir (Triptyk)

Zingaro, une œuvre au noir (Triptyk)

Profondément ancrés dans les rites de passage, de régénérescence, les spectacles de Bartabas nous ont habitués à leurs cycles de métamorphoses. Entretien avec Bartabas sur Tryptik, sa dernière création.
Par Yan Ciret

Yan Ciret : Pouvez-vous nous rappeler la genèse de Triptyk, un spectacle qui est finalement bien plus qu’une adaptation équestre du Sacre du printemps ?Bartabas : La musique du Sacre du printemps m’obsède depuis sept ou huit ans, je n’arrêtais pas d’y penser en me disant qu’il faudrait pouvoir la jouer avec des chevaux. (…)
Entretien publié dans la revue « Mouvement », le 1 juillet, 2000. Adaptation de l’émission de Yan Ciret « Radio Libre », sur France Culture, juin 2000.

février 22, 2020  |  No Comments » Lire la suite
Continent créole (dans le vent d’ouest du cyclone) Entretien avec Raphaël Confiant par Yan Ciret

Continent créole (dans le vent d’ouest du cyclone) Entretien avec Raphaël Confiant par Yan Ciret

Suivi de Soulèvements (comme une pierre de lave jetée dans le jardin du maître)

Yan Ciret : En quoi l’enseignement du créole est-il une question cruciale de ce que vous avez appelé, reprenant l’expression de la sociologue guadeloupéenne Dany Bebel-Gisler,  « l’archive symbolique de notre culture »?

Raphaël Confiant : La question de l’introduction du créole à l’école est centrale en ce début du XXIe siècle. En fait, l’école apparaît paradoxalement comme la seule planche de salut d’une langue qui cesse graduellement d’être transmise de manière maternelle ou familiale. Le paradoxe c’est que longtemps l’école a combattu à la fois le créole et le créolisme (ou pénétration sauvage du créole dans le français) mais aujourd’hui nous pouvons un instrument de recréolisation. Car il ne s’agit pas simplement d’enseigner seulement la langue créole mais toute la culture créole (musique, cuisine, architecture etc.). En plus, le fait d’introduire le créole à l’école nous oblige à la transformer en langue écrite, à faire l’effort de produire des grammaires, des dictionnaires, des ouvrages techniques etc… Le fait d’introduire la culture créole nous oblige à y réfléchir, à la disséquer et à l’approfondir.

février 02, 2020  |  No Comments » Lire la suite
Le carré noir sur fond noir de Guy Debord

Le carré noir sur fond noir de Guy Debord

Chaque film est une guerre, une aventure, un conflit avec le monde réel, peu de cinéastes ont fait de cette bataille incessante la matière même de leur oeuvre. Et si quelqu’un a poussé à l’extrême cette manière de faire, c’est Guy Debord. On a pourtant rarement vu ses films, les dictionnaires de cinéma le laisse dans une obscurité, qu’il a lui-même choisie pour ses oeuvres cinématographiques. Elles étaient devenues quasi invisibles dans leur intégralité rétrospective, après l’assassinat de son ami et producteur Gérard Lebovici. Le peintre danois Asger Jorn, ne disait-il pas que Guy Debord n’était pas mal connu, mais plutôt connu comme le mal.

janvier 18, 2020  |  No Comments » Lire la suite
Généalogie des métamorphoses monstres • Entretien avec Jean-Louis Schefer par Yan Ciret

Généalogie des métamorphoses monstres • Entretien avec Jean-Louis Schefer par Yan Ciret

Esprit mobile, vif argent, même, que celui de Jean-Louis Schefer. Mais d’un calme ironique, comme détaché des attaches de « premières vues », voire de « premières mains », trop dénoué, trop délié, pour cela. Détournements théologiques des représentations, corps, matières, postures, art, peintures, sacrements, métamorphoses. Mais moins obsessionnellement « tableaux vivants » des manières érotiques et profanatrices que Pierre Klossowski et sa « monnaie vivante ». Pensée vaste, véritable lecteur et détecteur des signes, de l’art pariétal aux pères de l’église, au cinéma moderne (Ozu, Dreyer, Bresson), du Burlesque à Raul Ruiz. Probablement le plus grand analyste vivant, relié à une « variété » (pour reprendre Paul Valéry) de fils, de plans, de cadres, des traces illisibles que laissent glisser l’histoire. Clarté de ce travail de montages, des temps, des espaces, des sciences, des anomalies, des dégénérescences animales, végétales, minérales, humaines. L’envers et l’endroit, le coup droit et le revers, le double, l’énigme, la « Profanation de l’Hostie » (Paolo Uccello) et son empreinte négative, sa couleur de prédelle. On ne sait jamais sur quel J.L.S on doit faire face.

décembre 26, 2019  |  No Comments » Lire la suite
Thomas Hirschhorn : Travailleur d’Horus

Thomas Hirschhorn : Travailleur d’Horus

Chalet Lost History  avec des textes intégrés de Manuel Joseph
Galerie Chantal Crousel du 13 décembre au 21 février 2004
Par Yan Ciret, in Art press n° 301, mai 2004,

Une figure domine toute l’œuvre de Thomas Hirschhorn, celle du Travailleur, du prolétaire de la globalisation (qu’il appelle macro-isation) producteur de sa propre destruction, esclave de l’histoire dont il n’est plus que l’objet manufacturé, disponible, flexible. Mais l’Arbeiter d’Hirschhorn, s’il n’est réduit qu’à son devenir marchandise, exploitable jusque dans son image, sa mort, son cadavre, tient entre ses mains des armes redoutables, à l’instar de la figure prophétique du « Travailleur » forgée par Ernst Jünger.

décembre 15, 2019  |  No Comments » Lire la suite
La seconde mort du corps prolétaire

La seconde mort du corps prolétaire

Entretien Stanislas Nordey avec Yan Ciret
« Entre beauté esthétique et virulence politique, Stanislas Nordey travaille au corps la représentation, montage du geste fabuleux à son envers, le chômage de masse comme civilisation. Le tout par la dérive des pôles. »
« Cahiers de théâtre n°11, décembre 1993/janvier 1994 »

Dès le départ, la définition du prolétaire s’est faite par le corps, Marx en ayant fixé le théorème, à savoir que le prolétaire est celui qui ne possède rien, sinon son corps et ce qui en est extrait : la force de travail et la progéniture. Cette équation minimale a, semble-t-il, pris une autre signification, tout aussi forte, mais plus désespérée encore.

décembre 03, 2019  |  No Comments » Lire la suite
Jean Genet, le saut de l’ange des murailles

Jean Genet, le saut de l’ange des murailles

Au bas de Montmartre, au bout d’une ruelle de terre-battue, un dôme en forme de basilique de la pauvreté, on trouvait là le « Cirque Romanès ». Près de la Place Clichy. L’exact compas entre la rue Truffaut, là-même où habitât François Truffaut (hôtel « Truffaut), qui fut l’ami de Jean Genet, avant la brutale rupture. Et le quartier du Sacré-Cœur, du Pigalle des voyous et voleurs, ou des travestis de cabarets, là où la prostitution des corps se subliment dans des âmes noircies par l’épreuve, l’échange des sexes, là où l’écrivain inscrit l’odyssée de « Divine » l’héroine queer de son « Notre-Dame des fleurs ».

Alexandre Romanès m’apparut là, pour la première fois, portable à la main, je lui parlais des relations du cinéaste et de l’écrivain. Il me dit qu’une fois, Truffaut arrivé en retard à leur rendez-vous, Jean Genet le gifla.

novembre 24, 2019  |  No Comments » Lire la suite